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PRINCIPES ET FONDEMENT DE VIE CHRETIENNE

Ière partie: Créés pour connaître, aimer et servir Dieu


Dans les « Principes et fondements » de ses célèbres Exercices, saint Ignace de Loyola part de cet énoncé : le monde tout entier gravite autour de Dieu. « L’homme - dit-il - est créé pour servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme ». Il ajoute : « Les autres choses sur la face de la terre sont créées pour l'homme et pour l'aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé ». Cette double affirmation n’est pas un a priori d’école. Elle résulte moins encore d’un postulat idéologique. Saint Ignace ne se propose d’ailleurs pas ici de démontrer ou de raisonner. Il se borne à exposer un fait objectif, avec ce ton concis de l’homme qui n’a pas de temps à perdre et qui va droit à l’essentiel pour qu’autrui n’en perde pas davantage : il faut travailler à son salut.

La conviction de ce fait objectif est claire, ferme et paisible pour qui vit de raison et de foi. Elle constitue un fonds intellectuel et moral sur lequel s’adosse et se construit la vie, d’autant plus stable qu’elle est portée par une culture nourrie aux sources de la Révélation. A n’en pas douter, il en était ainsi de saint Ignace. Il en est ainsi habituellement des saints.

Qu’en est-il de nous ? Le monde présent en est arrivé à un tel degré de désorientation par rapport au réel créé et racheté et à ses fins que l’exercice du sens commun lui-même paraît parfois paralysé - jusque dans des familles réputées catholiques. Heureux sommes-nous dès lors si, par grâce, nous avons reçu, conservons et transmettons cette conviction dont saint Ignace a fait le fondement de la quête de Dieu.

Transmettre, c’est partager une flamme. « J’ai cru, et c’est pourquoi j’ai parlé ». C’est aussi être témoin de la vérité de sa foi par la vérité de sa vie. « Vous serez mes témoins », nous a dit le Christ : témoins du primat de Dieu, témoins de son amour créateur, rédempteur et miséricordieux, témoins de l’inépuisable jeunesse de l’Eglise, témoins de la sacralité de la vie, témoins de la joie « que le Ressuscité a promise aux siens » (Benoît XVI), témoins du seul sens véritable de l’histoire.

Etre témoin, c’est tout à la fois être « évangéliste », c’est-à-dire porteur du Message de la Bonne Nouvelle du salut, et être « martyr », puisque tel est le sens propre de ce terme. Les deux exigences vont de pair. S’il est vrai que l’on aime à proportion que l’on connaît, alors c’est dans le commerce fréquent avec l’Ecriture sainte, fécondée par la pratique non moins fréquente des sacrements, qu’il faut puiser nos raisons d’aimer et notre allant à les partager autour de nous, de la famille au travail. Comme il existe mille manières de vivre, il existe mille manières de témoigner, inspirées par l’Esprit-Saint et déterminées par l’exercice de la prudence. En cela, nous sommes à bonne école. L’Eglise, pédagogue, nous offre pléthore d’exemples qui nous rappellent unanimement ce principe : Dieu, premier servi.

Jean de Garro


Retraite de Saint Ignace fssp.retraites.free.fr