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Les Exercices de St Ignace : des retraites intimement liées à la liturgie traditionnelle.


article de l'abbé Toulza dans Una Voce (octobre 2012)

L’œuvre des retraites de la Fraternité Saint-Pierre propose tout au long de l’année les Exercices Spirituels de St Ignace (en 5 jours selon la méthode du Père Vallet), dans un cadre exceptionnel, la Bergerie, entre lac et montagne, à quelques km d’Annecy.

Mais quelle est donc la spécificité de ces retraites ? De nombreuses possibilités se présentent en effet à qui souhaite faire les Exercices de St Ignace, que nous voulons mentionner ici, tant celles des religieux CPCR que des moines de Flavigny, les uns comme les autres maîtres en la matière.

La spécificité des retraites de la Fraternité St Pierre est double : un lieu particulièrement porteur, la Bergerie, mais aussi la présence du rite traditionnel, cadre naturel et propice à faire produire aux Exercices tous les fruits spirituels qu’on peut en attendre. Les Exercices Spirituels tels qu’ils ont été conçus par St Ignace, sont en effet historiquement et théologiquement liés au rite traditionnel.

Le lieu tout d’abord : quel est-il et d’où vient-il ? La Bergerie est une maison religieuse fondée en 1958 par un prêtre du diocèse de Lille, l’abbé Robert Prevost, pour y prêcher des retraites spirituelles dans un environnement propice. L’aspect paisible du lac d’Annecy en contrebas, aide à acquérir la paix intérieure, but de toute retraite. Les montagnes elles, dont les sommets rejoignent les nuages, enseignent au retraitant qu’il est fait pour le Ciel et qu’il lui faut constamment élever ses désirs vers Dieu, pour qui il est fait, comme le lui enseigne le Principe et Fondement de St Ignace. Ainsi toute la nature qui entoure la Bergerie aide le retraitant, à assimiler les enseignements reçus. Durant les temps libres, il pourra s’asseoir sur l’herbe pour méditer en silence face au paysage splendide, comme il pourra escalader les pentes du Semnoz en suivant le sentier muletier. La tombe même du fondateur contribue à sa manière à lui faire comprendre combien la vie est fragile, et comment il nous faut vivre cette vie « en qualité d’étranger et de voyageur » (1 Pe 2,11) comme nous en avertit notre Saint Patron et premier pape. Du reste, c’est sur les conseils de son (futur) successeur, le cardinal Joseph Ratzinger, que l’association qui possédait la maison y fit venir, quelques années après la mort de l’abbé Prevost, la Fraternité Saint-Pierre. Ne soyez donc pas étonnés, si vous avez lu l’autobiographie de Benoit XVI, La mia vita, de le voir en photo à la Bergerie, lieu qu’il a aimé et dans lequel il a souhaité voir la Fraternité Saint-Pierre exercer son ministère auprès des âmes.

Le second aspect : redonner aux Exercices Spirituels leur cadre liturgique originel. Ce qui correspond parfaitement au charisme propre de notre institut dans l’Eglise : la liturgie traditionnelle. Conformément à nos constitutions, qui veulent « que le sacrifice de la messe soit au cœur de notre apostolat », nous prêchons les exercices de St Ignace dans le rite multiséculaire qui forma à la sainteté des milliers d’hommes et de femmes, à commencer par…St Ignace lui-même ! C’est pétri de la riche doctrine véhiculée par le rite romain traditionnel que St Ignace a écrit les « Exercices Spirituels ». C’est avec le rite traditionnel qu’ils ont été donnés depuis St Ignace lui-même (1491-1556) jusqu’aux années 1960. Aussi est-il bien naturel que la Fraternité Saint-Pierre, participant à la reviviscence de la liturgie traditionnelle, permette à ce rite si riche de redevenir l’accompagnateur normal des Exercices Spirituels.

Afin de comprendre en quoi les Exercices Spirituels sont théologiquement liés au rite traditionnel, prenons un exemple parmi d’autres : il suffit de remarquer combien les Exercices de St Ignace insistent sur la fin (au sens de but/destinée) de l’homme, qui n’est autre que Dieu ; ce faisant, les Exercices Spirituels sont le meilleur antidote à notre crise de civilisation qui vient de ce que l’homme s’est mis au centre de l’univers, à la place de Dieu, et ce y compris dans la liturgie, avec la dérive vers ce que le Cardinal Ratzinger lui-même a qualifié d’autocélébration de la communauté. Or une des spécificités du rite traditionnel est justement qu’il met Dieu au centre de la liturgie, et non l’homme ou la communauté. De plus, si l’anthropocentrisme est une des raisons de notre crise de civilisation, il est aussi une des raisons essentielles de nos propres crises spirituelles. Le retraitant de St Ignace qui assiste à la messe dans le rite traditionnel, est ainsi aidé dans son propre cheminement spirituel par une liturgie qui l’aide à ne pas se focaliser sur lui-même, mais à se tourner vers Dieu, vers Dieu qui seul peut donner sens à notre existence, à nos choix de vie, à nos épreuves comme à nos joies.

Et c’est avec une joie toute surnaturelle que les retraitants nous quittent, et cette joie sur leur visage est le signe que Dieu a fait de grandes choses dans leur âme. C’est la grâce que nous vous souhaitons, et si vous souhaitez vivre comme eux cette belle aventure spirituelle, nous ne pouvons que vous redire à la suite du divin Maître : « Venez et voyez ! ».

Abbé Christophe Toulza, responsable de l’Œuvre des retraites de la Fraternité Saint-Pierre

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS :

Site des Retraites : http://fssp.retraites.free.fr
Contacter : Mme Chevet – 09.62.11.60.89 (laisser un message)



La Tournette vue de la Bergerie un matin d’hiver



Retraite de Saint Ignace fssp.retraites.free.fr