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Conseil de lecture: "Le prix à payer"

Joseph Fadelle – "Le prix à payer" - Paris – Éditions de l’œuvre – avril 2010 – 222 p. - 18 €


Ce livre est l’autobiographie d’un Irakien converti de l’islam chiite au catholicisme. Il vous fera pénétrer dans l’intimité de la grande, riche et influente famille de Bagdad d’un père de dix fils et dix filles auxquels il impose une autorité qui ne souffre aucune contestation. Il veille jalousement sur leur honneur. Tout le monde vite largement mais lui seul a l’autonomie financière. Il marie ses enfants sans leur demander leur avis et il arrive qu’une semaine avant la cérémonie, les futurs conjoints ne se connaissent pas encore. Vous pénétrerez aussi dans l’intimité des petites communautés de ces chrétiens autochtones, présents en Irak depuis 2000, qui y ont leurs maisons, leurs églises, leurs monastères et leur identité, et qui sont l’objet de tous les mépris des musulmans. L’histoire commence en 1987, sous le régime de Saddam Hussein, qui se dit “laïc”, et vous verrez comment vit une minorité chrétienne dans un pays “laïc” à majorité musulmane.

Nous sommes en pleine guerre Iran-Irak. Le fils le plus chéri, Mohammed Fadel Ali, successeur désigné du Père, fait son service militaire. Il n’a pas fait de grandes études, inutiles à qui est appelé à vivre comme un prince, mais seulement l’école coranique. Il a le déplaisir d’avoir pour voisin de chambrée un chrétien nommé Massoud qu’il se fait fort de convertir à l’islam. Et c’est le contraire qui se produit. Massoud ne répond que sèchement et brièvement aux questions de Mohammed sur sa religion et n’accepte de lui prêter l’Évangile qu’à condition qu’il lise d’abord le Coran, non mécaniquement, comme à l’accoutumée, mais en essayant de le comprendre, verset par verset. Et Mohammed, une fois son esprit critique éveillé, doit reconnaître qu’il n’y comprend pas grand chose et qu’un imam ami de la famille refuse de répondre aux questions théologiques et non juridiques qu’il lui pose. Il voit en rêve, sur la rive opposée d’un ruisseau, un personnage bienveillant qui lui dit : “Pour franchir le ruisseau, il faut que tu manges le pain de vie”. Et voilà que Massoud lui prête enfin un Évangile et qu’il tombe justement sur le discours sur le “Pain de Vie”. C’est un choc psychologique d’une violence incroyable et Mohammed n’aura désormais plus de cesse d’être baptisé pour pouvoir manger ce “Pain de Vie”.

Croyez-vous que cela fasse plaisir à Massoud ? Il ressent plutôt cette brusque conversion comme une catastrophe, parce qu’il prévoit tous les drames que l’accusation de prosélytisme peut provoquer dans la communauté chrétienne qui vit strictement repliée sur elle-même. Ils prient ensemble en cachette jusqu’à ce que Massoud soit libéré, après quoi Mohammed doit affronter seul les réticences des chrétiens qui n’admettent sa présence parmi eux qu’avec la plus extrême discrétion, et l’hostilité de sa famille qui, découvrant peu à peu la vérité essaye d’abord pour lui faire abjurer sa nouvelle religion, de la prison et de la torture, puis d’une fausse bienveillance, jusqu’au jour où le prêtre avec lequel il est en contact lui enjoint de quitter l’Irak. Par bonheur, la femme que son père lui a imposée et qui lui a donné deux enfants, le suit dans sa conversion. Les précautions prises pour gagner en secret la Jordanie, pour vivre clandestinement dans ce pays, où ses frères et un oncle le rattrapent pour le tuer et, miraculeusement, le ratent, puis pour gagner la France où un membre de l’ambassade lui a trouvé une famille d’accueil, ressemblent à s’y méprendre à celles que prenaient en France les résistants qui s’occupaient de faire échapper des Juifs aux griffes de la Gestapo. Si, le 15 août 2001, sur l’aéroport d’Amman, après bien des contrôles et des tracasseries, les fugitifs arrivent à monter à la dernière minute dans l’avion qui va les mener à Paris Roissy Charles de Gaulle, c’est bien grâce à l’intervention de sœur Maryam, une religieuse de choc, qui avec beaucoup d’intelligence, de prudence, de risques calculés, les guidait et les protégeait depuis le début de leur aventure spirituelle.

Vous avez déjà lu pas mal de choses sur l’islam, et vous croyez savoir à quoi vous en tenir ? Non, non ! Ce livre-là c’est la vie même. Après l’avoir lu vous ne pourrez que remercier le Ciel d’être nés en terre chrétienne et prier pour les musulmans. Achetez-en non pas un mais deux ou plusieurs exemplaires pour pouvoir le prêter, le donner à vos amis. Tout le monde devrait l’avoir lu. Il devrait devenir un best seller !


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