Y A-T-IL UN DIEU ?
 La réponse de la Création

par Mgr Tihamer Toth

       Mgr Toth était évêque de Veszprém en Hongrie. Prédicateur renommé, il prêcha notamment dans l’église de l’université de Budapest. Ses sermons ont été conservés et traduits en français en 1939. Nous en donnons ici un extrait, en illustration de la cinquième preuve de l'existence de Dieu.

   COMME LE MONDE EST GRAND !

 Il n'y a pas d'homme - sauf un cœur blasé ou un cerveau brûlé - dont l'âme ne soit saisie d'une certaine émotion et d'un merveilleux attendrissement et envahie par un sentiment mystérieux lorsque, par une belle nuit d'août, il se trouve sous le ciel étoilé.

Qu'est-ce que ce pressentiment mystérieux ? A la vue du ciel étoilé, aujourd'hui encore (et même plus encore aujourd'hui) l'homme sent ce que le grand philosophe grec, Aristote, sentait. Aristote a écrit : « De même que celui qui du haut du mont Ida aurait vu l'armée des Grecs s'avancer en ordre de bataille dans la plaine - en tête les cavaliers avec leurs chevaux et les chars de guerre, puis les fantassins - serait obligé de penser qu'il faut qu'il y ait quelqu'un pour diriger cette masse guerrière et commander la marche des troupes, de même que le matelot, à la vue d'un navire tendant ses voiles au vent favorable, pense qu'il y a certainement un pilote à bord, qui le dirige et le conduit vers le port, de même ceux qui, les premiers, ont levé leurs regards vers le ciel et ont vu comment le soleil poursuit sa course de l'orient à l'occident et ont contemplé la troupe bien ordonnée des étoiles, ont cherché le maître créateur de cet ordre admirable, car ils ont été obligés de penser que ce n'était pas le fait du hasard, mais provenait d'un Etre puissant et impérissable » (Sext. Empir. Dogm. ni, 20).

Pourtant Aristote n'avait pas de télescope, il ne regardait le ciel qu'à l’œil nu. Qu'aurait-il dit, s'il avait employé un de nos puissants télescopes modernes et s'il avait su, comme nous, comme le monde est grand… 

a) Comme les astres sont grands ! Uranus est 14 fois plus grand que la terre, Neptune 17 fois, Saturne 93 fois et Jupiter 1279 fois. Et qu'est-ce que cela par rapport au soleil ! Le soleil est 1.300.000 fois plus grand que la terre, c'est-à-dire contiendrait autant de fois la terre. Sans doute, on jongle actuellement avec les millions. Mais savez-vous quelle hauteur donnerait par exemple un million de cartes à jouer mises les unes sur les autres ? Plus d'un kilomètre. Essayez donc maintenant de vous représenter cette chose : un million de globes terrestres. Si l'on mettait la terre et la lune dans le soleil, en laissant la lune à la même distance de la terre qu'actuellement, elle pourrait encore se mouvoir dans le soleil. Mais Sirius est 12 fois plus grand que le soleil. Et il y a des corps célestes encore plus grands que Sirius... La tête vous tourne devant de pareils chiffres.

 b) Mesurons maintenant leurs distances. Un train qui fait 100 kilomètres à l'heure mettrait 170 ans, sans arrêt, pour arriver au soleil. Il est si difficile de mesurer en kilomètres les distances des astres que

pour ne pas être obligé de travailler avec des chiffres gigantesques, au lieu du kilomètre, on compte par année de lumière. Or la lumière franchit 300.000 kilomètres à la seconde. Une année de lumière est donc le chemin que la lumière parcourt pendant un an. Avec une voiture roulant à 60 kilomètres à l'heure, il faudrait un mois pour faire le tour de l'équateur. Et la lumière fait ce trajet huit fois en une seconde.

Pendant un an la lumière venant du soleil fait 63.000 fois le trajet : une année de lumière est donc 63.000 fois la distance du soleil à la terre. Or voyez comme la lumière de certaines étoiles tremblote, comme si elles avaient froid. Ce sont les « étoiles fixes ». A quelle distance inimaginable doit se trouver la plus proche de ces étoiles fixes ! L'étoile a du Centaure, dont la lumière ne nous parvient qu'au bout de 4 ans et 4 mois ! C'est-à-dire que l'étoile fixe la plus proche se trouve 260.000 fois plus éloignée que le soleil. Sirius est éloignée de huit années et demie de lumière... distance fantastique. Et pourtant quel éclat elle a ! Quelle gigantesque étoile doit-elle être !

Wega est à 36 années de lumière, l'étoile polaire à 40 années et 6 mois. Savez-vous ce que cela signifie ? Cela veut dire que si la lumière de l'étoile polaire venait à s'éteindre tout à coup, nous verrions encore cette étoile pendant 40 ans briller à son ancienne place. Persée est à 170 années de lumière de nous. Et qu’y a-t-il derrière ? Est-ce le bout du monde? Pas du tout. Avec un puissant télescope on découvre toujours de nouvelles étoiles, mais elles ne brillent que dans l'instrument. Et plus loin. C'est la voie lactée... des millions d’étoiles qui tourbillonnent dans une raie blanche... Où se trouve-t-elle ? à 20.000 années de lumière.

Et nous ne sommes toujours pas au bout du monde. Bien loin au delà de la voie lactée avec des instruments ultra sensibles on découvre encore de nouvelles constellations, des nuages d'étoiles... à une distance incroyable de nouveaux mondes sont en formation.

Et nous pouvons aller toujours plus loin... Jusqu'où ? Qui pourrait le dire ? (…)

Et ainsi de suite... Qu'y a-t-il derrière ? Personne ne le sait - sauf un Seul. L'homme sent que son âme est enveloppée par l'idée de l'infinie et divine Majesté. Mes frères, quel peut bien être ce Dieu dont une seule pensée a créé ce monde éblouissant des étoiles, a établi ses lois et une harmonie inaccessible à l'imagination humaine. Qui peut-il être Celui qui a posé les rails invisibles sur lesquels courent les étoiles et a consolidé l'axe de l'univers ? Que chante et glorifie le ciel tout entier, qu'il glorifiait déjà avant qu'un œil humain ait pu le voir. Maintenant on sent la vérité de ces paroles de Pasteur qui disait, lors de sa réception à l'Académie française : « Qu'y a-t-il derrière le ciel étoilé ? Un nouveau ciel. Bien. Et derrière lui ? Qu’y a-t-il derrière lui ? Une force irrésistible impose à l'esprit humain cette question et lui demande sans relâche : Qu'y a-t-il derrière ? Et il ne sert à rien de répondre : derrière il y a l'espace et le temps sans mesure. Car sous ces mots il n'y a rien... Quand cette idée s'empare de l'homme, il ne lui reste qu'à tomber à genoux ».