Les oeufs de Pâques

Une vieille coutume chrétienne

 

Il est d'usage d'offrir à Pâques des œufs en sucre ou en chocolat. C'est là, dans une forme très profane, un reste des coutumes chrétiennes du passé.

Autrefois, l'usage des œufs était interdit aux fidèles pendant le Carême, de même que le laitage ou la viande. Or quand finissait le Carême, nos pères témoignaient leur joie simple de retrouver des aliments dont la privation leur avait été sensible, en mangeant des œufs à Pâques et en offrant des œufs à leurs amis.

On voyait dans l'oeuf, à cause du phénomène de l'éclosion, une image de la Résurrection du Christ. Et c'est pourquoi on utilise les œufs pour célébrer la fête de Pâques. Les œufs que l'on mange ou que l'on offre sont au préalable bénits par le prêtre à l'église. Depuis le X° siècle, on trouve souvent dans les livres liturgiques, la formule suivante pour les bénir :

« Nous vous demandons, Seigneur, que le bienfait de votre bénédiction descende sur ces œufs que vous avez créés, afin qu'ils deviennent une nourriture salutaire pour ceux de vos fidèles qui les absorberont en vous rendant grâce par la Résurrection de NotreSeigneur Jésus-Christ qui vit et règne avec vous dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il ».

Une pieuse coutume voulait, que le jour de Pâques, les enfants de choeur, revêtus de leur soutanelle rouge et de leur surplis blanc, aillent quêter de maison en maison, les œufs de Pâques. L'un d'eux portait une croix qu'il faisait baiser pieusement aux gens ; un autre portait le bénitier et aspergeait la maison tandis que les autres chantaient sur l'air de O fiii et filiae, une requête dont voici la première strophe :

N'oubliez pas l'enfant de choeur 
Qui sert et chante le Seigneur ; 
Et Dieu un jour vous le rendra, 
Alleluia !