La joie de la pénitence

 

St Ephrem de Syrie (306-373)

 

Oui, j'ai vu sortir, comme d'une retraite profonde, la pénitence, cette tendre consolatrice de l'homme au désespoir, qui, venant avec bonté au devant de mes pas, s'approcha de mon oreille et me fit à voix basse les plus heureuses promesses. "Écoute, dit-elle, je t'apprendrai en peu de mots comment tu peux mettre à profit ta douleur et tes larmes. D'abord, garde-toi de ce désespoir, de ce découragement où te jette le spectacle de tes péchés et qui te fait négliger le soin de ton salut. Le Seigneur est bon et miséricordieux ; Il désire te voir habiter sa céleste demeure. Fais pénitence et son coeur se réjouira en toi, et ses bras s'ouvriront pour te recevoir : tes iniquités, quelque grandes qu'elles soient, ne le sont pas autant que sa clémence.

Ne va pas croire que plus tu as commis de fautes, moins tu seras accueilli avec indulgence ; prends garde que désespéré par l'énormité de tes péchés, tu n'ailles abandonner le soin que demande ton salut, car le Seigneur peut, en purifiant ton cœur, te rendre facilement ton premier éclat et ton ancienne innocence. Il brûle de te voir, Il t'appelle à Lui, rien ne lui sera plus agréable que de t'entendre frapper à la porte de sa demeure, Lui qui s'est dévoué à l'opprobre et à la mort pour sauver les pécheurs."