Dieu est Amour

Abbé Alban Cras, fssp

 

Dieu est amour. En rappelant à toute l’Humanité cette conviction profonde qui fait la force et l’originalité du christianisme, le pape Benoît XVI affirme son désir de faire réfléchir les chrétiens aux fondements mêmes de leur religion. Après avoir traité de la Foi lors des Journées Mondiales de la Jeunesse, voici donc qu’il nous propose une méditation à la fois ample et dense sur la Charité, dans ses deux dimensions, symbolisées par les axes de la Croix : amour de Dieu et charité fraternelle. « L’amour dont Dieu nous comble... Nous devons le communiquer aux autres ».

Ainsi l’amour de Dieu ne doit pas entraîner un repli sur soi, égoïste et insensible, et en même temps la charité fraternelle ne saurait se limiter à une vague philanthropie ou à un activisme social sans âme. Il nous faut trouver l’équilibre, l’équilibre des saints, cette ligne de crête habitée par les géants de la Charité, comme St Vincent de Paul ou Mère Térésa. Un mot de Sainte Thérèse de Lisieux le résume parfaitement : « Oh! la charité fraternelle, c'est tout sur la terre ! C'est la principale des vertus... On aime Dieu dans la mesure où on la pratique ».  

Il faut donc aimer. Et même « il suffit d’aimer » (Sainte Bernadette). Mais que signifie aujourd'hui le verbe aimer ? Le mot est galvaudé et bien souvent réduit à la dimension charnelle – l’eros des Grecs – que le christianisme ne rejette pas mais qu’il élève et anoblit par l’agapè du Nouveau Testament, un amour spirituel et oblatif.

Bien entendu nous vous exhortons, chers fidèles, à la lecture attentive de cette encyclique programmatique. Car, à l’heure où progresse si vite l’Islam et sa conception de la religion basée sur les rapports de force, il faut nous renouveler dans la certitude que Dieu nous aime et nous demande de nous aimer les uns les autres. Lisons, méditons, étudions ce beau texte, à la lumière de cette pensée profonde de Jean Le Cour Grandmaison : « Nous sommes passionnément aimés. Mais peu savent cet amour. Et c’est un grand mystère qu’il ne soit connu que de quelques uns ».