La sainte Communion

par le saint Curé d'Ars

 

Notre-Seigneur a dit : "Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l'accordera". Jamais nous n'aurions pensé à demander à Dieu son propre Fils. Mais ce que l'homme n'aurait pu imaginer, Dieu l'a fait. Ce que l'homme ne peut pas dire ni concevoir, et qu'il n'eût jamais osé désirer, Dieu, dans son amour, l'a dit, l'a conçu et l'a exécuté. Eussions-nous jamais osé dire à Dieu de faire mourir son Fils pour nous, de nous donner sa chair à manger et son sang à boire ? Sans la Sainte Eucharistie, il n'y aurait point de bonheur en ce monde, la vie ne serait pas supportable. Quand nous recevons la sainte communion, nous recevons notre joie et notre bonheur.

Le bon Dieu voulant se donner à nous dans le sacrement de son amour, nous a donné un désir vaste et grand que lui seul peut satisfaire... A côté de ce beau sacrement, nous sommes comme une personne qui meurt de soif à côté d'une rivière ; elle n'aurait cependant qu'à courber la tête !... Comme une personne qui reste pauvre à côté d'un trésor ; elle n'aurait qu'à tendre la main !

Oh ! si les chrétiens pouvaient comprendre ce langage de Notre-Seigneur qui leur dit : "Malgré ta misère, je veux voir de près cette belle âme que j'ai créée pour moi. Je l'ai faite si grande qu'il n'y a que moi qui puisse la remplir. Je l'ai faite si pure qu'il n'y a que mon corps qui puisse la nourrir".

Il n'y a rien de si grand, mes enfants, que l'Eucharistie ! Mettez toutes les bonnes œuvres du monde contre une communion bien faite : ce sera comme un grain de poussière devant une montagne. Si l'on pouvait comprendre tous les biens renfermés dans la sainte communion, il n'en faudrait pas davantage pour contenter le cœur de l'homme. L'avare ne courrait plus après ses trésors, l'ambitieux après la gloire ; chacun quitterait la terre, en secouerait la poussière et s'envolerait vers les cieux.

Celui qui communie se perd en Dieu comme une goutte d'eau dans l'océan. On ne peut plus les séparer. Quand nous venons de communier, si quelqu'un nous disait : "Qu'emportez-vous dans votre maison ?", nous pourrions répondre : "J'emporte le ciel".